L’austérité budgétaire, c’est aussi moins de droits et de services publics pour le Français de l’Étranger

L’austérité budgétaire, c’est aussi moins de droits et de services publics pour le Français de l’Étranger

L’austérité budgétaire, c’est aussi moins de droits et de services publics pour le Français de l’Étranger

J'ai signé cette tribune avec les élu-es représentant les Français de l'étranger contre l'austérité budgétaire qui ne garantirait plus les services publics à destination des Français de l'étranger.

 

Avec la fin du dépôt des parrainages le 17 mars dernier, notre pays est rentré dans une séquence électorale de plus de 6 mois, qui verra s’enchaîner élections présidentielle, législative et sénatoriale.

Comme l’ensemble de nos concitoyens, les Français résidents à l’étranger seront mobilisés et attentifs aux propositions des différents candidats.

Dans le débat qui s’ouvre, nous élu-es des Français de l’Étranger tenons à saluer l’action du gouvernement français qui a introduit des avancées majeures contre la planification fiscale agressive des entreprises. Dans un contexte de concurrence fiscale acérée entre les pays, il est urgent de parvenir à l'harmonisation fiscale européenne. En ce qui concerne les individus et contrairement aux idées reçues, les Français de l'étranger – dont la moitié sont des binationaux – ne sont pas des exilés fiscaux à part quelques exceptions.

Imposer nos ressortissants vivant à l’étranger en vertu d’un critère de nationalité comme le propose Jean-Luc Mélenchon colporterait le stéréotype de l’évadé-fiscal alors que l’immense majorité des 2.5 millions de Français établis hors de France sont des binationaux durablement installés à l'étranger et vivant du fruit de leur travail ! L'imposition des expatriés est un sujet souvent complexe qui peut s'apparenter à un véritable casse-tête, il est important de la simplifier pour plus de justice fiscale.

A l'heure où Marine Le Pen veut rétablir les frontières, supprimer la double-nationalité extra- européenne, et faire de l'Europe de la libre-circulation l'Europe des Nations, nous nous inquiétons du sort qui nous sera réservé à nous, migrants Français à l'Étranger, dont le quotidien deviendra vite un enfer.

A l’heure où la campagne présidentielle semble se résumer, pour François Fillon et Emmanuel Macron, à un concours Lépine pour savoir qui des deux sera le plus inventif en terme de cadeaux fiscaux, de rigueur budgétaire (de 60 à 100 milliards d’économie) et suppression de postes de fonctionnaires (entre 120 et 500 000), nous nous inquiétons des effets de cette politique d’austérité sur nos concitoyens. Nous refusons la libéralisation et la privatisation des services publics induites par le projet d’Emmanuel Macron à destination des Français de l’Etranger : Autonomie des établissements du réseau AEFE, plus grande part de recrutés locaux dans les établissements scolaires, crowdfunding auprès des Français de l’Étranger pour financer l’action extérieure culturelle de la France... Le désengagement de l’Etat dans ce projet est quasi-total, et comble de l’absurde on demande maintenant aux Français de l’Étranger de financer certains services par le « don » !

Si ces dernières étaient mises en œuvre:

elles auraient une incidence négative sur la dotation budgétaire d’un réseau AEFE déjà sous pression. Cette asphyxie financière du réseau se ferait forcément au détriment des familles et remettrait en cause l’avenir du réseau dans sa configuration actuelle.

– la réduction du nombre de fonctionnaires en France accentuerait la pression sur les académies déficitaires et multiplierait le non renouvellement des détachements. Alors que le gouvernement actuel a créé 54 000 postes d’enseignants et que nous constatons la difficulté de pourvoir l’ensemble des postes ouvert aux concours de l’enseignement, comment pourrait-on imaginer que la baisse du nombre de fonctionnaires ne se ferait pas sentir à l’intérieur des lycées français à l’étranger ? Le risque est grand de voir ces lycées se vider au fur et à mesure de leurs enseignants titulaires résidents.

les suppressions de postes de fonctionnaires à l’étranger, impliqueraient également des fermetures de consulats et des délais de renouvellement des documents d’identités qui s’allongent. De la même manière, le traitement des dossiers de bourses, d'état-civil et de nationalité serait rendu compliqué par un manque d’effectifs pour travailler sur ces dossiers.

le budget de l’action sociale et des OLES dont l’Assemblée des Français de l’Etranger, à l’unanimité, a défendu la sanctuarisation serait menacé par des coupes budgétaires toujours plus importantes. Comment dès lors assurer une aide à nos compatriotes les plus démunis à l’étranger ?

Pour nous au contraire, le service public, dans toutes ses dimensions, doit être au cœur de notre modèle social. Il est l’expression d’une solidarité que nous défendons avec acharnement. Il doit être aussi garanti pour les Français de l’Étranger.

Dans la campagne qui s’ouvre, nous avons fait le choix de soutenir Benoit Hamon car il est le candidat qui porte le mieux des valeurs que nous considérons essentielles :

  •   Pour nous, le rayonnement culturel et éducatif est au cœur de la lutte contre les extrémismes religieux et politiques. Nous saluons donc les efforts budgétaires accordés à l’éducation et à la culture. Revaloriser le métier d’enseignant apparaît nécessaire pour rendre le métier de nouveau attractif et ainsi atteindre l’objectif fixé de recruter 40000 enseignants supplémentaires en 5 ans. C’est à cette condition que nous résoudrons le problème de personnels dans les académies déficitaires, et par conséquence le problème des détachements dans les lycées français à l’étranger. C’est le prix à payer si nous voulons conserver un réseau d’éducation à l’étranger, source d’excellence et de diplomatie culturelle. De la même manière nous soutenons l’ambition portée pour la francophonie et notre réseau culturel. La volonté de redonner une marge de manœuvre au budget de l’Institut Français, et de réétudier la stratégie de « fermetures » de nos instituts dans le monde doit être saluée.
  •   L’égalité d’accès à l’éducation quelle que soit l’origine sociale des élèves, est un principe fondamental. Nous saluons donc la proposition de favoriser plus de mixité scolaire, en donnant la priorité aux enfants boursiers d’accéder aux établissements en gestion directe, là où il y a plusieurs établissements.
  •   La solidarité envers les Français de l’Etranger les plus fragiles, notamment à travers les bourses scolaires, l’aide sociale, et le soutien à l’insertion professionnelle, est au cœur du pacte républicain.
  •   La Préservation du service public à l’étranger est un droit intangible. Les consulats doivent pouvoir poursuivre leur mission en ce sens auprès des Français de l’Étranger.

Aberkane Françoise (Conseillère consulaire – Alger), Aparicio Edmond (conseiller consulaire – Sao Paulo), Baillon Florence (Conseillère consulaire – Equateur – Candidate aux élections législatives 2ème circonscription des Français établis à l’étranger), Barré Gaëlle (Conseillère AFE – Europe du Sud), Belcaïd Khadija (Conseillère AFE – Afrique du Nord), Berthoud Marion(Conseillère consulaire – Rabat), Benlahcen Mehdi (Conseiller AFE – Péninsule ibérique – président du groupe « Français du monde, Ecologie et Solidarité »), Boucher François (Conseiller AFE – Amérique Latine et Caraïbes), Boulet Guy (Conseiller consulaire – Casablanca), Briardova Helena (Conseiller consulaire – République Tchèque), Bruni Sylvain (Conseiller consulaire – Boston), Cadat-Lampe Brieuc-Yves (Conseiller consulaire – Pays-Bas), Castro Francisca (Conseillère consulaire – Portugal), Chantrel Yan (Conseiller AFE – Canada – Candidat aux élections législatives 1ere circonscription des Français établis à l’étranger), Chaoui Jean-Daniel (Conseiller AFE – Afrique centrale, australe et orientale), Château-Ducos Alexandre (Conseiller AFE – Benelux), Chouchanian Régine (Conseillère consulaire – Uruguay), Courdesse Alix (Conseillère consulaire – Belgique), Curioni Monique (Conseillère consulaire – Washington), Danjou Franck (Conseiller consulaire – Cameroun), Dejeans Monique (Conseillère AFE – Benelux), De Visme Luc (Conseiller consulaire – Danemark), Faure Boris (Conseiller consulaire – Belgique), Glisia Jean (Conseiller consulaire – Kenya), Gondard Cécilia (Conseillère AFE – Benelux), Grange Jean-Philippe (Conseiller AFE – Asie et Océanie), Guibordeau Ruphine (Conseillère consulaire – Tchad), Hasnaoui Fwad (Conseiller Afrique du nord), Henry-Werner Anne(Conseillère AFE - Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse), Houngbedji Thierry (Conseiller consulaire – Bénin), Khan Valérie (Conseillère consulaire- Pakistan), Labadie Marie-Pierre (Conseillère AFE – Europe du nord), Lahlouh Nadia (Conseillère consulaire – Alger), Le Berre Renaud (Conseiller AFE – Péninsule ibérique), Lecomte Gaëlle (Conseillère consulaire – Madrid), L’Etang Françoise (Conseillère consulaire – Burkina Faso), Lefebvre Franck (Conseiller consulaire – Hongrie), Leperlier Henry (Conseiller consulaire – Irlande), Le Vouedec Frédéric (Conseiller consulaire – Bratislava), Libeaut Catherine (Conseillère consulaire – Pays-Bas), Loiseau Philippe (Conseiller AFE - Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse), Marot Morgane (Conseillère AFE – Europe du nord), Michel Annie (Conseillère AFE – États-Unis), Moreau Philippe (Conseiller consulaire – Munich), Morel Serge (Conseiller consulaire – San Francisco) Mukkaden Stéphane (Conseiller consulaire – Norvège, Islande), Pallez Laure (Conseillère AFE – Asie et Océanie – présidente de la commission des finances, du budget et de la fiscalité), Picharles Chantal (Conseillère AFE – Europe du sud), Raharimanana Marie Annick (Conseillère consulaire – Madagascar) Rioux Catherine (Conseillère AFE – Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse), Sarrazin Louis (Conseiller AFE – Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse), Serra Mauve (Conseillère consulaire – Genève), Seux Pascale (Conseillère AFE – Europe centrale et orientale – Présidente de la commission enseignement, affaire culturelles, audiovisuel extérieur, francophonie), Spiesser Olivier (Conseiller consulaire – Italie du Sud), Stallivieri Nicolas (Conseiller consulaire – Berlin, Hambourg), Sukho Guy (Conseiller AFE – Afrique occidentale), Vallecabres Annik (Conseillère AFE – Péninsule ibérique), Varrin Françoise (Conseillère AFE – Afrique occidentale), Vautrin Djedidi Martine (Conseillère AFE – Afrique du nord).

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